Fourre-tout photographique

Tag: ambrotype

Le vieil escalier

On me fit remarquer un jour que j’étais quelqu’un d’obsessionnel. Sur le coup, je me souviens très bien avoir rejeté cette idée saugrenue, non sans un fond de vexation. Aujourd’hui, après tout ce temps passé à peaufiner une méthode anachronique et chronophage, après un énième loupé de fabrication de gélatine qui n’entame aucunement ma motivation, je crois que je dois me faire à l’idée : je suis effectivement obsessionnel. C’est assez indolore (bien que ce ne soit pas forcément l’avis de mon entourage) et surtout indispensable à la bonne continuation de mes activités de photochimiste. Sans un minimum d’obsession pour l’apparition d’une image ambrée en suspension sur une plaque de verre, j’aurais lâché l’affaire depuis bien longtemps.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 60 secondes @ f/4,5
Ascorbotype : ambrotype à la gélatine artisanale, développé à l’acide ascorbique

Panda

Puisque tout semble à peu près calé, l’émulsion, l’exposition, le révélateur, le développement, il est temps de passer aux choses sérieuses : les portraits. Cette semaine : Anaïs en mode panda.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 3 secondes @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine artisanale

Guns &

Ha ! C’est parfaitement ridicule – je dois bien l’admettre – d’avoir les larmes aux yeux en sortant une plaque de verre du fixateur… Mais, quand après des mois d’essais et des dizaines de pages noircies dans mon cahier photographique, une soudaine idée apparait au milieu de la nuit, aussitôt testée et confirmée le lendemain : oui j’ai eu les larmes aux yeux en rallumant la lumière dans ma cabane. J’avais le modelé, la clarté que je n’arrivais pas à atteindre jusqu’alors. J’avais dans le même temps un temps de pose plus court qui rend les portraits envisageables. C’était donc ça : depuis le début mes plaques étaient surexposées et sous développées. Voilà un très grand pas en avant. Il y en aura d’autres (j’ai déjà des pistes à tester), mais celui-ci m’ouvre de nouvelles portes. Alors ça excuse bien quelques larmes aux yeux, que je peux si besoin mettre sur le compte de l’odeur d’ammoniac.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 3 secondes @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine artisanale

Le château

Le silence visuel de ces dernières semaines s’explique par l’atterrissage en de nouveaux lieux. Plus de place pour plus de confort photographique. Il reste encore un peu de travail d’aménagement, surtout pour la partie “chambre noire”. De nouveaux lieux, mais plutôt anciens, et inspirants : le château.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 3 secondes @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine

Parallèles

Des arbres, un chemin, ça sonne comme une chanson de Françis Cabrel… mais je ne me lasserai jamais de ce type de sujets. [Insérer interprétation psychanalytique].
Toujours dans le cadre des ambrotypes sur gélatino bromure révélés à la vitamine C, avec en prime un essai de plan de netteté non perpendiculaire.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 8 secondes @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine

La porte du diable

Cette étrange porte est perdue au bord d’une petite route dans la campagne des environs de Dijon. Elle tient son nom de la petite sculpture au milieu du linteau. Malgré sa ressemblance, il ne s’agirait pas d’un diable mais d’un blason vandalisé à la révolution.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 8 secondes @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine

Under the bridge

Encore et toujours dans la série des perfectionnement des ambrotypes secs à la vitamine C, retour à une émulsion plus simple qui fonctionne mieux. Reste à se pencher sur le révélateur, et sur le moyen d’éviter toutes les petites poussières venant se coller sur l’émulsion au cours du développement et du séchage…
Essais de bascule arrière, intéressant, mais pas forcément aisé pour la lecture de l’image. Difficile à gérer sur une vieille chambre qui n’a pas de mouvements sur le corps avant.

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 1/2 seconde @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine

La tombe du libre penseur

Toujours dans la série des perfectionnement des ambrotypes secs à la vitamine C.
Cette tombe énigmatique est située à Mâlain, à côté de Dijon : une stèle de 4m de haut qui surplombe un petit mausolée. Elle est entourée d’inscription tout aussi énigmatiques, mais symboliques du courant de la libre pensée.

Je commence à mieux maîtriser ma petite affaire, mais il reste pas mal de perfectionnements sur la partie chimique, et aussi photographique : mettre à profit les possibilités artistiques de l’utilisation des mouvements de la chambre (bascules notamment), prendre le temps de mieux peaufiner les cadrages et les choix de prise de vue. Pour cela, il n’y a pas trente six solutions : de la pratique et des photos, sortir de la chambre noire quoi…

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 2 secondes @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine

Chucks & Contax

À défaut d’être une photo passionnante, cette image va faire date dans mon petit historique de photochimiste.
Il s’agit de mon premier positif direct sur plaque de verre entièrement réalisé artisanalement, et dont le rendu commence à me satisfaire.
— Émulsion au gélatino bromure d’argent préparée à la maison (précédemment j’achetais une émulsion toute faite de chez Tetenal).
— Étalement manuel et séchage dans une boite inactinique ventilée bricolée cet automne.
— Révélateur positif à la vitamine C formulé maison en combinant des infos trouvées ici et là et adapté pour obtenir un positif (précédemment j’utilisais pour partie du Dektol de chez Kodak).
— Fixateur maison à l’hyposulfite.
Le rendu et l’objet obtenu se rapprochent de ce qu’on appelle un ambrotype : une image positive directe sur plaque de verre. Cette technique date de 1850, elle était initialement réalisée au collodion humide et non pas à la gélatine. Les émulsions à la gélatine n’ont été inventées que vers 1870, et ont été utilisées essentiellement pour la réalisation de négatifs. En faisant quelques recherches, j’ai cru comprendre que des photos positives ont été réalisés sur une base de gélatine aux environs de 1890 et jusqu’au début du XXe. Ces images étaient faites par des photographes de rue sur des plaques de métal (ferrotypes), voir de carton, car moins fragiles. C’était l’ancêtre du photomaton : les gens repartaient avec leur portrait. Malheureusement je n’ai trouvé aucune indication précise de la méthode de révélation utilisée.
Cette image est donc issue d’une méthode semi-anachronique : elle imite une technique de 1850, sur la base d’une technique de 1870 et anecdotiquement utilisée en 1890 sur plaque de métal, avec une technique de révélation issue de recettes modernes reformulées pour utiliser des produits peu toxiques…

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm, 3 secondes @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine

Téléphone d’alarme #3

Toujours dans la série des ambrotypes sur gélatino bromure d’argent.
Depuis quelques jours, je travaille sur un révélateur peu toxique, à base de vitamine C.
Ça marche plutôt pas mal. Encore perfectible pour la brillance. Également des progrès à faire sur l’exposition : elle est difficile à juger car dépendante des UV, et très sensible aux contre-jours.
Fixation à l’hypo fait maison. Il ne me reste plus qu’à travailler une émulsion home made. C’est pour bientôt…

Je me demandais encore l’autre jour ce qui me poussait à passer autant de temps sur ces techniques. Je crois avoir trouvé un des éléments : je trouve que le rendu est plein de poésie. Bien entendu, cela ne dispense pas de soigner le sujet et le cadrage, mais il y a une sensation immédiate de nostalgie, et toujours la joie de sortir un bel objet du bain de fixateur…

Chambre FKD 13×18 cm
Leitmeyr Doppel Anastigmat Sytar 240mm @ f/4,5
Ambrotype à la gélatine